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en route avec Ségolène Royal
Pour éviter une contagion à l'Espagne, Paris et Berlin pressent Lisbonne de solliciter l'aide financière de l'Europe
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Le Portugal résiste aux pressions exercées au sein de la zone euro pour l'inciter à accepter au plus vite un plan d'aide financière. Un grand nombre de responsables de la zone euro espèrent que le gouvernement socialiste dirigé par José Socrates ne tardera pas à solliciter sa mise sous assistance internationale. Pour eux, il s'agit d'éviter un effet de contagion à d'autres pays fragilisés par la crise des dettes souveraines, comme l'Espagne, voire la Belgique, ou l'Italie. Mais les autorités portugaises se refusent à franchir le pas de façon précipitée. " Personne ne refusera d'aider le Portugal, s'il en faisait la demande ", dit une source européenne. La ministre française de l'économie, Christine Lagarde, et le grand argentier allemand, Wolfgang Schaüble, se sont entretenus de la situation de la zone euro, vendredi 7 janvier, à Strasbourg. Leurs deux ministères convergent sur l'opportunité d'un plan d'aide, même si Angela Merkel, la chancelière allemande, a fait savoir dimanche que " ce n'était pas la stratégie de - son - gouvernement de forcer le Portugal à faire appel au plan de sauvetage européen ". Les responsables de la zone euro sont d'autant plus en alerte que les autorités portugaises doivent faire face à d'importantes échéances en matière de refinancement de leur dette d'ici au mois de février. Lisbonne consent déjà des taux d'intérêt record - plus de 7 % - pour placer ses obligations d'Etat. Les Européens déplorent de surcroît que M. Socrates, dont le gouvernement est minoritaire au Parlement, n'ait pas, à la différence de l'Espagne, engagé de réformes structurelles plus importantes pour redresser son économie. " Tout le monde est d'accord pour dire que les Portugais devraient faire plus, analyse un responsable des Vingt-Sept, mais beaucoup de dirigeants se demandent encore s'ils doivent faire pression sur le gouvernement portugais en vue d'un plan d'aide. "
France et Allemagne en tête, les Etats de la zone euro savent cependant que le sauvetage de l'Irlande, fin novembre 2010, n'a pas suffi pas à enrayer la crise qui ébranle l'Union monétaire. Ils cherchent, sans succès à ce stade, une double parade : muscler le mécanisme temporaire d'assistance mis en place au printemps, et stabiliser la situation du Portugal, avant que la crise ne redevienne systémique, et menace de faire basculer un " gros morceau ", comme l'Espagne. Le premier chantier - qui consiste à doper la puissance de feu du dispositif de 750 milliards d'euros mis en place avec l'aide du Fonds monétaire international (FMI) - n'a débouché sur aucun résultat concret depuis la fin novembre. Il doit être poursuivi d'ici à la prochaine réunion des chefs d'Etat et de gouvernement le 4 février. Le second bute sur l'opposition du premier ministre portugais.
M. Socrates rejette depuis l'automne la perspective d'une intervention conjointe du FMI, et du Fonds de stabilité mis en place au sein de la zone euro. Fort d'une croissance un peu meilleure que prévue en 2010, il se targue d'avoir tenu les objectifs de réduction des déficits promis par son gouvernement, bien que celui-ci ne dispose d'aucune majorité parlementaire. Le déficit est passé de 9,4 % du PIB à 7,3 % en 2010, pour 4,6 % espéré en 2011. Les plans d'austérité n'ont été adoptés que grâce à l'abstention du principal parti d'opposition conservateur, le PSD (Parti social-démocrate).
La promesse chinoise
" Nous avons de meilleurs résultats aussi bien du côté des recettes que des dépenses (...) le Portugal fait ce qu'il faut et continuera à le faire ", martèle M. Socrates. Pour éviter de recourir à un plan d'aide, et d'être soumis aux contreparties exigées par le FMI, son gouvernement a sollicité le soutien des Chinois, qui ont promis d'acheter de la dette portugaise. Un autre paramètre complique la mise en place d'une intervention : le Portugal dispose de précieux relais au sein des institutions européennes, en la personne du président de la Commission, le conservateur José Manuel Barroso, et du vice-président de la Banque centrale européenne (BCE), Vitor Constancio. Le premier a été premier ministre (PSD) de son pays. Le second vient d'être nommé à la BCE, après avoir gouverné la banque centrale du Portugal. Or, les deux hommes temporiseraient en ce qui concerne l'activation d'un plan d'aide. Sous pression en Europe, M. Socrates est aussi dans le collimateur de son opposition. Le chef du PSD, Pedro Passos Coelho, invite le premier ministre à démissionner pour organiser de nouvelles élections législatives, en cas de mise sous assistance du pays. " Si nous avions besoin de recourir à l'aide extérieure, cela signifierait que la stratégie suivie a échoué. Or, celui qui conduit le pays à une telle situation n'est pas en situation de pouvoir, le lendemain, mener la reprise ", a-t-il dit dans un entretien paru dimanche dans le quotidien Diaro de Noticias. Comme si l'aide était désormais imminente. Philippe Ricard |
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